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Des journalistes sportifs du Togo se sont retrouvés dans le cadre d’un symposium le vendredi 2 août dernier pour échanger sur les défis que leur impose dorénavant internet et sur leurs responsabilités vis-à-vis des textes qui régissent la profession. L’enjeu était de les sensibiliser au travail bien fait, au professionnalisme et à la confraternité. Le symposium a eu lieu à la Maison de la Presse de Lomé ey s’inscrit dans le contexte de la célébration de la journée internationale du journalisme sportif.

Sur le thème « Presse sportive, presse numérique et liberté de presse », le symposium a réuni les participants autour de deux panels animés par des professionnels de différentes générations. Le premier panel a consisté à réfléchir au thème « Presse sportive et internet : un lariage de raison ? ». Les 4 panélistes ont exposé aux participants leurs points d evue sur ce que internet représente pour eux, les bénéfices qu’ils en tirent, les risques qui y sont liés ainsi que les challenges qu’il leur impose dans leurs pratiques professionnelles au quotidien.

« Avec internet, on doit faire aujourd’hui la oresse autrement », a souligné Moudjib Falana, directeur de publication du magazine Le Mérite sportif. Selon lui, internet est un bien mais il les force à penser et à organiser autre ment la presse papier. « Naguère, on devait imprimer les pages du journal sur papier calque et les transporter à l’imprimerie. Ce transfert fait courir le risque de perte desdits calques ou de mauvaises manipulateurs des agents des imprimeries, ce qui les pousse à recommencer le travail, parfois dans la nuit profonde. Internet peut faire éviter ces risques », a-t-il expliqué. Il a en outre regretté le piège dans lequel internet les engloutit avec la propension à diffuser sur les réseaux sociaux, avant même le jour de parution, les photos de la Une et parfois le contenu de l’édition en PDF. « Nous nous tirons des balles dans les pieds ce faisant, happés par la vague d’internet », a-t-il déploré.

« On ne peut pas dire que internet est un danger pour la presse, pour la radio en particulier. Tout dépend de la façon dont on en use », a indiqué pour sa part Hugues Attikpo, membre du bureau de l’AJST et journaliste à Taxi FM Lomé. « Il est admis que 43 millions de Français écoutent la radio chaque matin en France par exemple. Il en résulte que la radio reste sans doute le prmeier medium et internet ne peut pas inverser la tendance. On s’en sert plutôt pour renforcer cette assise de la radio à travers les « radios filmées » notamment », a-t-il ajouté.

Vigilance et professionnalisme

Aimé Ekpe et Noel Tadegnon, tous deux anciens présidents de l’AJST ont entretenu les participants dans le deuxième panel sur les exigences de la liberté de presse. Ils ont rappelé le cadre légal del’exercice de la oresse au Togo, le contexte de la depenalisation des délits de presse mais aussi les subtilités du Code pénal en vigueur au Togo qui constituent un véritable piège pour les journalistes en général, pour les journalistes sportifs en particulier.

Noel Tadegnon a singulièrement attiré l’attention de l’auditoire sur la méprise à ne plus faire sur l’application du Code de la Presse ou du Code pénal. « Les autorités judiciaires peuvent à tout moment faire prévaloir le Code pénal sur le code de la presse. Ainsi, elles peuvent soumettre les journalistes à la rigueur des sanctions pénales en lieu et place des amendes », a-t-il expliqué. Cela est possible parce que le nouveau code pénal en vigueur le leur donne le pouvoir. « Dans ce code, il y a un article 497 qui reste une épée de Damoclès sur ka tête des professionnels des médias. Cet article donne la possibilité à un juge de faire déposer un journaliste qui aurait écrit, posté une image ou fait un commentaire sur les réseaux sociaux », a-t-il précisé. Il conclut : « Nous devons donc faire attention à tout ce que nous faisons sur facebook, twitter ou whatsapp qui est devenu la chose de tous et de toutes les tentations ».

Cet article 497 du code pénal souligne à nouveau les challenges d’internet pour les journalistes sportifs. Il leur fait l’obligation de ne pas croire que tout est permis sur les réseaux sociaux. « Internet n’est plus une zone de confort car, en dehors de cet article 497, le Togo a également voté une loi sur la cybercriminalité qui donne la possibilité aux juges de déterminer si une fausse information ou un délit de diffamation relève d’un acte de terrorisme.

Dans son intervention, Aimé Ekpe, président de l’Observatoire togolais des médias (OTM) a fait l’état des lieux des violations et des mauvaises pratiques dans la presse sportive. Les fausses informations, les diffamations et les entorses aux règles de la confraternité sont les principales violations constatées. Pour l’essentiel, ces violations sont dues à la méconnaissance des règles du métier, au manque de formation initiale mais aussi et surtout à la recherche du sensationnel et de l’émotionnel. « Il va sans dire que les autorités de régulation ne sont pas encore très regardantes sur ce qui se fait dans la presse sportive. De même, les responsables sportifs semblent ne pas se préoccuper des droits qui sont les leurs au regard du travail des journalistes. Mais il n’en sera pas ainsi tout le temps. Quand ce sera le cas, la presse sportive pourrait en être secouée » a averti le président de l’OTM.

Aussi a-t-il invité solennellement les participants à rester vigilants et à respecter scrupuleusement les règles du métier. « Il faut être tout simplement jourbaliste et respecter, en tout temps et en tout lieu, les dispositions du Code de la Presse et celui de Déontologie », a-t-il lancé à l’endroit des journalistes sportifs présents au symposium.

La journée internationale du journalisme sportif est célébrée le 2 juillet d » chaque année. Elle vise à mettre en lumière le travail de la presse sportive et du journaliste sportif. À l’issue de ce symposium, l’AJST esoère que ses membres se montrent plus attentifs à leurs pratiques professionnelles et veillent à ne pas tomber dans les traquenards d’internet.

 

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